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Les bijoux en argent se vendent mieux que l’or !

En France en 2009, les ventes en valeur de bijoux en argent, en progression de 7 % par rapport à 2008, ont atteint un nouveau record en 2009, avec un montant de 607 millions d’euros, soit 12 % des ventes totales du secteur horlogerie-bijouterie.

 Avec une progression encore plus importante des quantités vendues (+ 9 % l’an dernier), le prix moyen des bijoux en argent a légèrement diminué en 2009 pour se situer à 34 euros.
Cette nouvelle croissance des ventes concerne à la fois les bijoux tout argent et les bijoux en argent empierrés ainsi que l’ensemble des familles de produits, en particulier les boucles d’oreilles et les pendentifs.

Contrairement aux bijoux en argent, la vente des bijoux en or a continué de baisser en 2009 (-5%) .

Source : ECOSTAT

Bijoux anciens berbères

J’ai le plaisir de vous présenter des bijoux ethniques très anciens de l’artisanat marocain. Ces bijoux de style berbère sont encore une fois d’une grande créativité et d’un grand savoir-faire des artisans du sud marocain :

Bijoux anciens bernères

  1. Boucle d’oreille niellée et émaillé jaune et vert
  2. Bracelet ouvert niellés et appliques émaillé vert et jaune. Ce modèle est plus large de part et d’autre de l’ouverture
  3. Parure temporale. Arcs d’argent avec perles diverses et pendentifs niellés.
  4. Bracelet à charnières avec nielle et émaillées vert, jaune, bleu pâle.
  5. Collier ancien comportant quatre plaques d’argent gravé, des perles diverses, des fragments de coquillages.

L’histoire de la fibule

Les bijoux les plus caractéristiques et les plus répandus sont sans doute les fibules triangulaires à bord crénelé, peu épaisses, ornées de ciselures, de plaquettes et de coupoles émaillées vert et jaune, que nous désignerons dorénavant sous le nom de fibules de Tiznit, pour simplifie, car elles peuvent être originaires également des centres situes entre Tiznit et Tafraout ou même de massa.
Ces fibules atteignent parfois une grande taille _ jusqu’à 30 cm. Lorsqu’elles sont de dimensions moyennes, elles sont souvent reliées par une chaine importante. Leur nom berbère est tazerzaÏ (nom générique des fibules dans la région).

On trouve aussi en nombre encore appréciable de très curieuses fibules triangulaires, lourdes mais perforées d’innombrables trous, comme une vielle planche vermoulue ; ceci les a fait appeler en berbère tezerzaÏ n taouka, fibules du ver. C es modèles, tous anciens, ont une extension très large au sud de l’atlas, qui dépasse de loin la zone étudiée ici. Quand elles portent des plaques et des coupoles émaillées très semblables à celles qui décorent les fibules de Tiznit, on peut en inférer que ces fibules proviennent du même secteur géographique. La technique de leur réalisation est perdue : leur fabrication est abandonnée depuis si longtemps qu’aucun de ceux qui ont étudié les bijoux du sud ne les a vu exécuter. Il semble que l’argent était travaille en minuscules cylindriques, qui étaient déposés côte à côte et soudes dans un encadrement de fines baguettes. Il existe des modèles plus élaborés comportant de petits triangles latéraux.
On remarque la base de l’aiguille, dont le décor, fréquent dans ces fibules, est dispose sur plusieurs niveaux et se termine par un curieux motif découpé en forme de losange entoure de deux croissants.

La technique de moulage dans la bijouterie berbère

La technique du moulage est employée pour les bracelets, les fibules, les boucles d’oreilles, et pour de petits éléments abondamment utilisés dans la confection de colliers ou bandeaux de tête. Un jour peut servir de modèle pour un autre, car les moules ne servent qu’une fois. Mais pour les pièces d’une certaine  importance, ou dont la demande était fréquente, comme les bracelets et les fibules, les artisans possédaient _ et ont conserve en général dans les ateliers actuels _  des modèles en métal non précieux, qui permettent de refaire indéfiniment le même objet, sans que les détails s’abâtardissent au fil de moulages successifs.

C’est ainsi que dans le village d’Amezrou, proche de Zagora et ancien mellah, toute une famille de Draouis se consacre à la fabrication de bracelets moulés qui seront écoulés sur les souks de la vallée du Draa.

Le travail se déroule sous les galeries à hauts plafonds qui entourent une étroite cour carrée s’ouvrant au niveau des terrasses. D’un côté les adultes réalisent les moules, fondent et coulent le moule, un peu plus lion des adolescents assurent les finitions.

Pour confectionner un moule, l’artisan dispose de deux cercles métalliques qui peuvent être superposes, et comportent sur le côté un orifice. Les cercles sont emplis de sable humide et l’on place entre les deux la pièce à mouler. En tassant bien le sable, celui-ci prend l’empreinte du modèle, qu’il faut ensuite enlever précautionneusement après avoir ouvert le moule. Le sable est égalisé soigneusement de chaque côté, et on creuse entre l’empreinte du bijou et le bord du moule au niveau de l’orifice  un canal qui permettra de couleur le métal fondu. On replace les deux moitiés du moule l’une sur l’autre.

Plusieurs moules sont préparés les uns après les autres, et empiles non loin du foyer pour qu’ils sèchent. Le foyer, identique dans tous les ateliers artisanaux, est une cavité dans le sol, ou la combustion des braises est activée par une soufflerie à manivelle. Le creuset est placé au centre, et reçoit le métal à fondre ; il semble qu’il s’agisse ici de rognures diverses, à l’éclat aussi incertain que l’est leur exacte nature.

Lorsque la fusion est totale, un jeune artisan prend à la pince le creuset rougeoyant, et verse le métal dans  le moule qu’il tient vertical de l’autre main, à main nues, ce qui n’est pas sans risques. Puis il dépose le moule rempli à côté de lui ; en peu de minutes le métal est refroidi, on peut écarter les deux moitiés du moule. Le bracelet apparait, il a un « manche », qui résulte de la solidification du métal dans le puits de coulage, et dont le sciage fait partie des travaux de finition.

Ceux-ci sont réalisés dans cet atelier par des apprentis, munis d’un étau et d’une lime, et comportent aussi l’ébarbage des bords du bracelet et de ses côtés.

Il ya toujours eu, évidemment, selon les régions et les artisans, un soin plus ou moins grand apporté à la réalisation des pièces, mais la technique fondamentale demeure encore partout la même. Facile à mettre en œuvre, elle donne des objets à l’allure un peu massive, mais non dépourvus  de charme.

Les techniques ancestrales de la bijouterie marocaine

Les artisans bijoutiers marocains ont employé plusieurs techniques dans leurs productions, héritées d’un passé très lointain et matérialisant des spécificités culturelles. Ainsi, le moulage, le découpage, le nielle, le filigrane, la ciselure, la gravure et la dorure sont, en l’occurrence, les principaux procédés techniques utilisées qui reflètent une diversité et des particularités remarquables.

Le procédé le plus simple et le plus ancien utilisé par les bijoutiers est le moulage. L’argent à titre d’exemple était obtenu à partir de la fonte de lingots de métal pur «rahha», mélangé à de vieux bijoux «chadhaya» et du cuivre rouge. Le tout est placé dans un creuset en argile réfractaire «bot», avant d’être chauffé avec de l’arsenic et coulé dans un moule de sable fin appelé «tazriq». Les meilleurs exemples obtenus par cette technique sont les lourds bracelets côtelés ou à pointe, les anneaux de cheville, les fibules et les boucles d’oreilles.

Le découpage consiste à découper de minces feuilles d’argent en plaquettes de dimensions et de formes différentes et les assembler par des anneaux et des chaînettes pour former des parures de têtes ou des colliers. Afin d’obtenir des motifs ajourés, souvent observés dans les anneaux de cheville et les pectoraux, l’artisan utilise un mince foret et une scie très fine pour perforer et évider le métal.

Le niellage est une technique principalement connue dans l’ornementation des parures des tribus des «Aït Seghrouchen» au Moyen Atlas. Elle nécessite l’incrustation d’un émail noir, d’origine végétale ou minérale, dans un motif légèrement gravé en creux sur une surface d’argent, avant de le chauffer pour permettre son adhésion au métal. Une fois refroidi, le bijou est poli pour en égaliser la surface et refléter le contraste entre la teinte noire du nielle et le fond éclatant de l’argent.

L’émaillage est un autre procédé d’obtention et d’incrustation de la couleur dans le décor : des pâtes de différentes couleurs sont extraites de petites perles pilées dont la matière obtenue remplie les différents motifs floraux ou géométriques tracés par des fils d’argent, et chauffée pour être fondue et polie. Les bijoux produits dans l’Anti-Atlas, notamment à Tiznit, à Ouarzazate et à Taznakht sont des exemples éloquents de cette technique.

Le filigrane est une technique qui utilise des filets et des petits grains soudés. Nous distinguons le filigrane ajouré spécifiant les bijoux de Taliouine, Essaouira et Tiznit, et le filigrane cloisonné caractérisant ceux de Ouarzazate et de Tazanakht. Le premier est réalisé à partir de fils simples ou torsadés de différents calibres, alors que le second consiste à appliquer sur des feuilles de métal des filets plats pour délimiter les champs à émailler.

Parmi les techniques récurrentes dans la bijouterie marocaine, nous distinguons également la ciselure qui correspond à trois types : la ciselure au fondu, la ciselure prise sur la pièce et la ciselure au repoussé. La première est appliquée pour parfaire les objets après leur sortie du moule. La seconde consiste à fixer le bijou sur un trépied appelé «Hammar», et sculpter les motifs à l’aide d’un ciselet en suivant un schéma préalablement dessiné. Quand à la ciselure au repoussé, elle ne concerne que les objets d’épaisseur réduite et permet d’obtenir un relief plus au moins accentué quand l’artisan frappe sur le revers de la pièce pour repousser le métal.

La gravure est proche de la ciselure. Elle est essentiellement appliquée sur les objets massifs dont les décors sont façonnés à l’aide d’un burin en acier. Cette technique est caractéristique des bracelets produits à Foum Zguid.

La dorure, procédé uniquement employé en milieu citadin, consiste à appliquer sur l’objet à dorer un mélange d’or et de mercure et le chauffer jusqu’à ce que celui-ci s’évapore.

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AtlasTresors – Bijoux en argent

L’histoire des bijoux berbères

Les bijoux berbères remontent dans les temps les plus reculés aux manifestations de l’art nord-africain. Comme la femme égyptienne, la femme carthaginoise, la femme berbère éprouva tout d’abord le besoin de fixer solidement sa coiffure sur la tète, son vêtement sur l’épaule et son haik volant sur le corps.

Cela amena chez elle l’utilisation des aiguilles de métal et l’on peut dire que l’aiguille fut le premier bijou de la femme berbère.

A ce besoin pratique est venu de bonne heure s’allier le sentiment de la parure qui donna naissance à l’art des bijoux. Les aiguilles se transformèrent en jolies agrafes et broches de différentes formes, les ceintures eurent des boucles brillantes , les oreilles connurent les pendentifs, le front se recouvrir d’un diadème pendant que les bras et les jambes s’ornaient d’anneaux et de bracelets variés.

Ce qui frappe tout d’abord quand on voit une femme de la compagne marocaine, c’est la simplicité, la pauvreté du vêtement comparée à la richesse des bijoux : sur la poitrine deux belles agrafes triangulaires de l’argent d’une main reliées par une fortes chaine, ce sont les khelalt ; au cou plusieurs colliers multicolores ou l’argent, le corail, l’ambre s’harmonisent dans des tonalités d’émail bleu, jaune ou vert (elgouladat) ; deux grosses boucles d’oreilles pendant sur les épaules soutenues par un fils dissimulé sous la coiffure (elkhoras) ; des broches rondes sur le front à la naissance des cheveux (tabaa) et quand la fortune de la famille le permet un diadème (el mechbouh en berbère-tadj en arabe). – brillant vient comme une couronne ceindre la tête de ces femmes hiératiques belles et nobles comme des reines. Les vêtements de la femme berbère n’ont pas de manches. Ses bras seraient bien nus si de gros bracelets ne venaient accrocher les lumières. Les doigts ont leurs bagues, les chevilles ont leurs anneaux qui donnent à la démarche une certaine régularité dans le mouvement.
Rien n’est aussi impressionnant qu’une belle fête berbère quand une centaine de femmes s’apprêtent dans leurs plus beaux atours à aller chercher la mariée. Les bijoux de famille sortent de leurs coffres, les voisines prêtent les leurs, ceux que l’on avait commandés ou bijoutier de la ville arrivent au dernier moment. Les femmes sont bien affairées, elles s’aident mutuellement à agrafer des habits neufs, à passer les colliers que l’on avait révisés la veille – on essaie des bracelets, on accroche des pendentifs ; les mères arrangent leurs filles et sont heureuses de les voir belle : compliments petite cris de joie échange d’impression avec cette naïveté et cette simplicité que l’or trouve plus que dons les campagnes. Nul sentiment égoïste, ni fierté déplacée dans ces fêtes qui appartiennent à tous et ou les bijoux et les vêtements semblent une communauté.

Dans le chatoiement des tissu de couleurs, larges plaques d’argent, colliers barbares et pendentifs démesurés, bracelets massifs s’entrechoquent en reflétant mille soleils. Le cortège est en marche, chaque mouvement de terrain produit des miroitements nouveaux ; taches blanches et taches colorées se mêlent avec harmonie une suite de tableaux impressionnants les mouvements sont rythmés.
Les corps se tiennent avec noblesse, parfois il faut s’arrêter, l’étape est longue et les anneaux de pied sont incommodes ; une courbe gracieuse et la cheville se libère. On les remettra plus tard quand on sera arrivé dons la maison de la mariée.

Car alors nulle n’excuse si la toilette n’est pas complète. La toilette de femme berbère, c’est beaucoup moins son costume que l’ensemble de ses bijoux ; ils sont l’objet de toute son attention de tous ses soins. Dans le souk, ces bijoux paraissent bien incommodes à la femme européenne qui s’extasie devant le poids et les dimensions de ces pièces archaïques. Est-il possible de les porter ? Mes bras, mes oreilles, mon cou seraient meurtris ajoute-t-elle. Cependant ils sont bien beaux. Elle passe à son bras, éclate de rire, essaye un gros collier, le remet au marchand et se décide à acheter une broche qu’elle adaptera sur sa robe : outres tems autres murs.

Elle est plutôt attirée par toutes ces imitations de bazar que le mauvais gout a lancées en si grand nombre sous le nom d’articles indigènes. Dans ce domaine rien n’a été néglige pour attirer le client : légèreté des matières premières, variétés des formes, reproduction des éléments décoratifs classiques, émaux, coraux, pierres choisies, chainettes moins lourdes, imitation par oxydation appropriée. Ajoutez à cela un bon marché engeant et voila quantités de bijoux étrangers lancés en séries dans le souk sous le nom de bijoux marocains seuls quelques clients avertis retrouvent encore dans leurs promenades travers la médina le bracelet ou la broche de caractère exécutés dans le sous ou à Mogador.