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Les décors et les motifs dans bijoux ethniques berbères
Dans la bijouterie berbère, on retrouve des décors (motifs) particuliers. Les méthodes de décoration employées par les artisans sont celles de l’artisanat traditionnel. Elles consistent à construire le motif à partir d’un élément de base, qui peut être géométrique ou floral.
Cet élément est reproduit d’une façon symétrique dans un plan, ce qui crée un réseau continu et infini, permettant à l’artisan d’équilibrer les espaces à décorer en faisant jouer certains contrastes tels que les émaux colorés, le fil tressé, les espaces granulés et les espaces lisses, etc.
Les motifs qu’on retrouve dans les bracelets ou dans les pendentifs ethniques marocains, sont souvent simples en apparence, mais leur valeur touche à tous les domaines.
La calligraphie complète le décor floral. En ce qui concerne la bijouterie, on peut classer les décors et les formes en trois groupes :
Les décors géométriques
Le décor géométrique, de rythme purement linéaire, est universel, diffusé par les civilisations archaïques. L’art arabo-musulman étant un art non figuratif, il véhicule un certain nombre de tracées géométriques, hérités d’une pratique ancestrale.
Le carré, le cercle, le triangle et la spirale sont des figures kes plus simples à tracer; le bijoutier les emploie souvent pour orner un frontal, un pectoral ou un talisman.
Ce sont en réalité des formes magiques. Nous savons qu’à chaque planète correspond un carré magique. Tous ces carrés sont générateurs de multiples combinaisons de tracés.
En effet, les formes géométriques, les symboles et les signes employés dans l’art sacré islamique, trouvent leur explication dans le déchiffrement des carrés magiques.
Le décor floral
Le décor floral, en bijouterie, est essentiellement composé de fleurs à plusieurs pétales, de palmes et de rinceaux stylisés, d’inspiration hispano-mauresque, combinés à un élément décoratif de base: la lettre waw, qui prête à une multiplicité de combinaisons décoratives. Cette lettre, qui correspond au chiffre six selon le principe de l’abajid, figure souvent dans les talismans. On trouve aussi des décors sous forme de feuilles comme dans ces boucles d’oreilles.
Le décor zoomorphique
Dans les bijoux ethniques traditionnels berbères, on trouve fréquemment un certain nombre d’animaux qui ont, selon la tradition orale, une fonction magique. Poisson, caméléon, grenouille, lézard, sepent et oiseau constituent l’essentiel de ce répertoire.
Les bijoux au Maroc : Un usage esthètique mais pas seulement
Selon sa fonction, chaque bijou a une place particulière sur le corps de la femme ou de l’homme au Maroc.
De la tête jusqu’aux chevilles, la femme peut se parer de différentes formes de bijoux : diadèmes, boucles d’oreilles, colliers, bracelets, bagues, anneaux de chevilles orenent son corps; d’autres, tels que fibules, ceintures, broches, amulettes, sont portés sur les vêtements.
Les bagues, très simples, les poignards, les dalil al kheirat, les sabres, les fusils, les cornes et boîtes à poudre sont réservés aux hommes.
Chez certaines tribus berbères, la mariée recevait l’équivalent de sa dot sous forme de bijoux. En ville, les femmes investissent souvent dans l’achat de bijoux en or.
Selon sa classe sociale, la femme porte des bijoux plus ou moins nombreux, à la fois pour mettre en valeur le charme de son corps et pour marquer un rang, aussi bien en ville qu’à la campagne. Cette tradition de se parer de bijoux est très accentuées chez la femme les jours de fêtes et de noces. Quant à l’homme, il porte surtout des armes blanches ou des armes à feu, tradition qui a disparu aujourd’hui dans les villes.
Quel que soit le port des bijoux, en argent, ou en or, on peut dire qu’il révèle un certain rang social et met en relief l’élégance et la beauté chez la femme, la virilité et la puissance chez l’homme.
Le bijou peut avoir aussi une fonction d’intercession, comme dans le cas de dalil alkheirat porté par les cavaliers et certains notables, ou des amulettes portant des invocations tirées du Coran, des Hadith ou des prières des Saints.
Le bijou possède par conséquent plusieurs fonctions suivant sa forme, la technique et la manière avec laquelle il a été fabriqué. Il est en même temps un objet fonctionnel, un signe social, un symbole et un investissement. D’ailleurs, le meilleur cadeau qu’on puisse offrir, à une femme ou à un homme, est le bijou qui symbolis à la fois le chant, l’invocation et l’idée du beau.
Bijoux artisanaux émaillés : Un peu de couleurs dans vos bijoux
Pour ceux qui aiment un peu de couleurs dans leurs bijoux. Nous proposons dans notre bijouterie en ligne une collection de bijoux en argent émaillés.
Cette technique d’émaillage utilisées depuis longtemps dans l’artisanat marocain apporte ce côté vivant et coloré aux bijoux berbères. Le bleu, jaune, vert sont les plus souvent utilisés.
Voici parmi nos bijoux artisanaux, ceux qui qui ont été fabriqués en utilisant cette technique :
Bracelet ouvert ethnique : Bracelet ouvert émaillé de bleu, vert et de jaune. Très beau bracelet très stylé
Bracelet artisanal à charnière : Un des rares modèles de bracelet fermé de notre collection
Pendentif argent émaillé : Pendentif émaillé et orné de motifs berbères
Boucles d’oreilles main de fatma : Ces boucles d’oreilles ethniques sont ornés d’émaux colorés est l’un des bijoux à succès de notre boutique.
Bijoux anciens berbères
J’ai le plaisir de vous présenter des bijoux ethniques très anciens de l’artisanat marocain. Ces bijoux de style berbère sont encore une fois d’une grande créativité et d’un grand savoir-faire des artisans du sud marocain :

- Boucle d’oreille niellée et émaillé jaune et vert
- Bracelet ouvert niellés et appliques émaillé vert et jaune. Ce modèle est plus large de part et d’autre de l’ouverture
- Parure temporale. Arcs d’argent avec perles diverses et pendentifs niellés.
- Bracelet à charnières avec nielle et émaillées vert, jaune, bleu pâle.
- Collier ancien comportant quatre plaques d’argent gravé, des perles diverses, des fragments de coquillages.
Femmes berbères : la passion des bijoux ethniques

Quelles sont les points en commun entre ces femmes ? qu’est ce qui les différentie ?
Toutes ces femmes sont des femmes berbères marocaines portants des habits traditionnels et des bijoux artisanaux en argent. Et pourtant, la comparaison s’arrête là !
En effet, sur la photo de gauche, on voit une femme de la région AKKA dans les portes du desert marocain. Elle porte un bandeau de tête où des rondelles de métal découpé remplacent des monnaies, les noeuds de boules creuses sur les tempes, et longues tresses de laine supportant des pièces de monnaie. Les pendentifs croix du sud qui forment le centre des colliers composites et les anneaux lisses portés en boucles d’oreilles sont très répondus dans la régions.
La femme au centre est une femme d’Ait Atta. Ses fibules tout autant que sa coiffe sont caractéristiques de son appartenance à ce groupe.
A droite, une femme berbère de la région de Bou Izakarn qui noue autour de sa tête deux bandeaux et porte de grandes boucles d’oreilles gravées à pendeloques. Un coquillage conique tronqués enserre les cheveux de chaque côté de la tête, et les fibules sont d’un modèles simple, le collier à trois plaque carré est un beau bijou ancien plus caractéristique de la région.
L’usage des bijoux marocains
Les bijoux marocains ont, comme la plupart des bijoux du monde, une double fonction esthétique et économique.
Ils parent celles qui les portent, tout en constituant un capital monnayable en cas de besoin : ils embellissent et ils servent. De ce point de vue, il y’a pas de différence fondamentale entre l’usage berbère et l’usage européen. Ces bijoux artisanaux sont également soumis à la mode, qui, là comme ailleurs, déplace continuellement les frontières du désirable et peut faire mourir en quelques années des objets sortis indemnes de la nuit des temps. Embellir, servir et mourir seront donc les premières étapes de notre approche.
Tiznit, la cité phare de la bijouterie marocaine
Tiznit a été de tout temps une ville importante pour le commerce des bijoux dans le sous. Cette region ne se limite pas à la vallée du fleuve de ce nom, qui prend sa source à environ 200 km à l’est d’agadir et se jette dans l’océon à quelques kilométres au sud de cette ville .
On englobe sous cette dénomination dans son acception courante de vastes territoires qui s’étendent au nord, au sud et à l’est de la vallée du sud, dans lesquels est parlée la langue berbere, chleuhe, la tachelhaÏt.
Quand elle n’était encore qu’une petite bourgade enclose dans ses murailles, Tiznit possédait déja un souk aux bijoux:autour d’une grande cour carrée ouvrant sur la rue par un portail, qu’on fermait chaque soir, les échoppes des artisans et des revendeurs-souvent les mêmes- s’abritaient du soleil sous une galerie à colonnes. Ce souk existe toujours, mais rebaptisé « ancien souk » , il est presque abandonné.
Le développement de l’orfévrie à Tiznit dans les quinze ou vingt dernières années a amené l’édification de nouveaux souks donnant sur la grand place (kissaria du Méchouar et kissaria loubane), et la multiplication des boutiques de bijoutiers. Elles sont minuscules et serrées, si bien qu’en additionnant les échoppes de l’ancien souk, les boutiques des nouveaux souks et aussi celles du centre artisanal, construit hors les murs en 1975 pour la formation des apprentis, on compte à Tiznit entre cent et cent cinquante boutiques de bijoutiers en activité. On peut imaginer une rude concurrence, et des affaires qui ne sont pas toujours d’or. Artisans, ou surtout revendeurs, ces bijoutiers témoignent de l’importance prise par la ville du point de vue administratif et commercial.
La region n’a pas de grandes ressources, mais elle compte actuellement beaucoup d’émigrés, et des retraités qui ont autrefois travaillé à l’étranger et sont revenus au pays avec une pension.
Ceci peut expliquer l’argent qui s’investit encore en bijoux, dans une contrée ou ils ont toujours été l’objet d’un grand engouement.
Le souk des bijoux

vendeuse de bijoux
Comme dans les autres régions du sud, les artisans peuvent aller exposer leur production courante au souk voisin, et leur étalage avoisine alors ceux des simples revendeurs, qui colportent essentiellement d’ailleurs de la pacotille. Il faut signaler au passage une particularité de la région de Zagora ; la fonction d’intermédiaire y est souvent tenue par des femmes, et on trouve des revendeurs au souk. Ce sont des femmes mûres appartenant au groupe des harratin.
Mais en général les affaires sérieuses se traitent dans les ateliers, qui jouent un rôle important dans la commercialisation des bijoux. Ces là que se passent les commandes, qu’ont lieu les livraisons, que se réalisent éventuellement le montage de pièces composites. Il arrive même, comme à Rissani, que des artisans ne vendent jamais de bijoux au souk. Préférant attendre la clientèle dans la pièce très simple qui leur sert à la fois de boutique et d’atelier, et dont tout le monde connaît l’emplacement.
L’histoire de la fibule
Les bijoux les plus caractéristiques et les plus répandus sont sans doute les fibules triangulaires à bord crénelé, peu épaisses, ornées de ciselures, de plaquettes et de coupoles émaillées vert et jaune, que nous désignerons dorénavant sous le nom de fibules de Tiznit, pour simplifie, car elles peuvent être originaires également des centres situes entre Tiznit et Tafraout ou même de massa.
Ces fibules atteignent parfois une grande taille _ jusqu’à 30 cm. Lorsqu’elles sont de dimensions moyennes, elles sont souvent reliées par une chaine importante. Leur nom berbère est tazerzaÏ (nom générique des fibules dans la région).
On trouve aussi en nombre encore appréciable de très curieuses fibules triangulaires, lourdes mais perforées d’innombrables trous, comme une vielle planche vermoulue ; ceci les a fait appeler en berbère tezerzaÏ n taouka, fibules du ver. C es modèles, tous anciens, ont une extension très large au sud de l’atlas, qui dépasse de loin la zone étudiée ici. Quand elles portent des plaques et des coupoles émaillées très semblables à celles qui décorent les fibules de Tiznit, on peut en inférer que ces fibules proviennent du même secteur géographique. La technique de leur réalisation est perdue : leur fabrication est abandonnée depuis si longtemps qu’aucun de ceux qui ont étudié les bijoux du sud ne les a vu exécuter. Il semble que l’argent était travaille en minuscules cylindriques, qui étaient déposés côte à côte et soudes dans un encadrement de fines baguettes. Il existe des modèles plus élaborés comportant de petits triangles latéraux.
On remarque la base de l’aiguille, dont le décor, fréquent dans ces fibules, est dispose sur plusieurs niveaux et se termine par un curieux motif découpé en forme de losange entoure de deux croissants.
La technique de moulage dans la bijouterie berbère
La technique du moulage est employée pour les bracelets, les fibules, les boucles d’oreilles, et pour de petits éléments abondamment utilisés dans la confection de colliers ou bandeaux de tête. Un jour peut servir de modèle pour un autre, car les moules ne servent qu’une fois. Mais pour les pièces d’une certaine importance, ou dont la demande était fréquente, comme les bracelets et les fibules, les artisans possédaient _ et ont conserve en général dans les ateliers actuels _ des modèles en métal non précieux, qui permettent de refaire indéfiniment le même objet, sans que les détails s’abâtardissent au fil de moulages successifs.
C’est ainsi que dans le village d’Amezrou, proche de Zagora et ancien mellah, toute une famille de Draouis se consacre à la fabrication de bracelets moulés qui seront écoulés sur les souks de la vallée du Draa.
Le travail se déroule sous les galeries à hauts plafonds qui entourent une étroite cour carrée s’ouvrant au niveau des terrasses. D’un côté les adultes réalisent les moules, fondent et coulent le moule, un peu plus lion des adolescents assurent les finitions.
Pour confectionner un moule, l’artisan dispose de deux cercles métalliques qui peuvent être superposes, et comportent sur le côté un orifice. Les cercles sont emplis de sable humide et l’on place entre les deux la pièce à mouler. En tassant bien le sable, celui-ci prend l’empreinte du modèle, qu’il faut ensuite enlever précautionneusement après avoir ouvert le moule. Le sable est égalisé soigneusement de chaque côté, et on creuse entre l’empreinte du bijou et le bord du moule au niveau de l’orifice un canal qui permettra de couleur le métal fondu. On replace les deux moitiés du moule l’une sur l’autre.
Plusieurs moules sont préparés les uns après les autres, et empiles non loin du foyer pour qu’ils sèchent. Le foyer, identique dans tous les ateliers artisanaux, est une cavité dans le sol, ou la combustion des braises est activée par une soufflerie à manivelle. Le creuset est placé au centre, et reçoit le métal à fondre ; il semble qu’il s’agisse ici de rognures diverses, à l’éclat aussi incertain que l’est leur exacte nature.
Lorsque la fusion est totale, un jeune artisan prend à la pince le creuset rougeoyant, et verse le métal dans le moule qu’il tient vertical de l’autre main, à main nues, ce qui n’est pas sans risques. Puis il dépose le moule rempli à côté de lui ; en peu de minutes le métal est refroidi, on peut écarter les deux moitiés du moule. Le bracelet apparait, il a un « manche », qui résulte de la solidification du métal dans le puits de coulage, et dont le sciage fait partie des travaux de finition.
Ceux-ci sont réalisés dans cet atelier par des apprentis, munis d’un étau et d’une lime, et comportent aussi l’ébarbage des bords du bracelet et de ses côtés.
Il ya toujours eu, évidemment, selon les régions et les artisans, un soin plus ou moins grand apporté à la réalisation des pièces, mais la technique fondamentale demeure encore partout la même. Facile à mettre en œuvre, elle donne des objets à l’allure un peu massive, mais non dépourvus de charme.