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Le filigrane d’aujourd’hui et d’hier
Le filigrane est une technique d’orféverie dans laquelle on utilise le métal étiré en fils fins; L’or et l’argent peuvent également être travaillés de cette manière, mais on envisagera ici que l’mploi de l’argent.
En enroulant le fil sur lui même, on réalise de délicates spirales, dont on remplit des cadres de fils, bref, le fil est contourné de multiples manières. Ces fragments de fils soudés entre eux, constituent la structure de bijoux entiers, par exemple des bracelets, et servent à la fabrication d’éléments de parrures, comme des sphères et des coupoles ajourées ou des pendoloques à claire-voie. Le fil utilisé pour le filigrane est très fréquement torsadé, ce qui ajoute au décor et permet en particulier d’obtenir, en rapporchant deux fils, un effet de tresse.
Souvent, le motif filigrané est soudé sur une plaque ou une boule dont il constitue alors l’ornementation. Cette plaque ou cette boule peuvent recevoir aussi une application d’émaux de verre, et l’on voit ici que les émaux cloisonné dont il a été précédemment question sont une variété particulière de fliligrane; ils sont d’ailleurs aussi parfois appelé émaux filigranés. Le distinction entre filigrane émaillé et émail filigrané peut paraître spécieuse; parceque pratiquement tous les bijoux comportent des parties en filigrane non émaillé et le plus souvent ajouré. On discerne alors la différence avec les régions précédente ou en général le fil n’est utilisé que pour façonner les cloisons qui délimite des émaux.
D’autre part, le filigrane est, étymologiquement, à la fois fil et grain. La technique comporte aussi l’adjonction de miniscules sphères d’argent au motifs de fil. Un véritable décor de granulations fait partie de l’ornementation de certains bijoux.
Le filigrane, au Maroc, à la particularité d’être à la fois traditionnel, et donc ancien et tout à fait moderne, mais dans des localisations géographiques différentes. Actuellement, il prospère dans des ville comme Essaouira et Tiznit. Il y a quelques dizaines d’années, il était la spacialité des Mellahs du bas Dadès et du partour du massif du Siroua de l’est d’Ouarzazate à Taliouine. Les auteurs qui avaient observé cette orfèvrerie quand elle était encore en pleine vie ont considéré qu’elle s’était implantée au sud de l’Atlas avec certaines communautés juives, et n’ont pas cherché à définir précisément quelles pouvaient être les relations avec la ville d’Essaouira. Pourtant cette cité créee au XVIIème siècle, compta longtemps une colonie juive nombreuse. Devenue un important centre de commerce, elle rayonnait jusque part de l’Atlas, et l’on ne peut exclure que le filigrane la renommée de ces bijoux comtemporains ait des origines relativement anciennes. C’est en tout cas le seul endroit où l’on puisse actuellement dans le sud voir fabriquer des bijoux, avec Tiznit que ne les a adoptés que récemment.
Source : Bijoux du Maroc (Jacques et Marie-Rose RABATE)
Les bijoux berbères
Les bijoux berbères sont synonymes d’argent, le plus souvent. Si la tradition de l’Islam impose aux hommes de ne pas porter d’or, ce n’est pas le cas pour les femmes, mais dans la plupart des cas, les familles n’avaient pas la richesse nécessaire pour parer leurs femmes d’or.
De plus, les bijoux étaient souvent refondus, et vendus, en période de disette, et rachetés ensuite. La femme berbère, parée de lourds bracelets, de colliers en forme de grosses chaînes attachées à deux fibules portait sur elle la fortune de la famille, et faisait en quelque sorte « banque ambulante ».
Ces gros bracelets, ces lourdes chaînes servaient aussi d’armes défensives, ce qui explique par exemple les formes en pointes de diamant. Attaquée, une femme pouvait, grâce à l’élan de son bras et au poids du bracelet facilement assommer, voir plus, celui qui l’attaquait.