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Tiznit, la cité phare de la bijouterie marocaine

Tiznit a été de tout temps une ville importante pour le commerce des bijoux dans le sous. Cette region ne se limite pas à la vallée du fleuve de ce nom, qui prend sa source à environ 200 km à l’est d’agadir et se jette dans l’océon à quelques kilométres au sud de cette ville .

On englobe sous cette dénomination dans son acception courante de vastes territoires qui s’étendent au nord, au sud et à l’est de la vallée du sud, dans lesquels est parlée la langue berbere, chleuhe, la tachelhaÏt.

Quand elle n’était encore qu’une petite bourgade enclose dans ses murailles, Tiznit possédait déja un souk aux bijoux:autour d’une grande cour carrée ouvrant sur la rue par un portail, qu’on fermait chaque soir, les échoppes des artisans et des revendeurs-souvent les mêmes- s’abritaient du soleil sous une galerie à colonnes. Ce souk existe toujours, mais rebaptisé « ancien souk » , il est presque abandonné.

Le développement de l’orfévrie à Tiznit dans les quinze ou vingt dernières années a amené l’édification de nouveaux souks donnant sur la grand place (kissaria du Méchouar et kissaria loubane), et la multiplication des boutiques de bijoutiers. Elles sont minuscules et serrées, si bien qu’en additionnant les échoppes de l’ancien souk, les boutiques des nouveaux souks et aussi celles du centre artisanal, construit hors les murs en 1975 pour la formation des apprentis, on compte à Tiznit entre cent et cent cinquante boutiques de bijoutiers en activité. On peut imaginer une rude concurrence, et des affaires qui ne sont pas toujours d’or. Artisans, ou surtout revendeurs, ces bijoutiers témoignent de l’importance prise par la ville du point de vue administratif et commercial.

La region n’a pas de grandes ressources, mais elle compte actuellement beaucoup d’émigrés, et des retraités qui ont autrefois travaillé à l’étranger et sont revenus au pays avec une pension.

Ceci peut expliquer l’argent qui s’investit encore en bijoux, dans une contrée ou ils ont toujours été l’objet d’un grand engouement.

Le filigrane d’aujourd’hui et d’hier

Le filigrane est une technique d’orféverie dans laquelle on utilise le métal étiré en fils fins; L’or et l’argent peuvent également être travaillés de cette manière, mais on envisagera ici que l’mploi de l’argent.

En enroulant le fil sur lui même, on réalise de délicates spirales, dont on remplit des cadres de fils, bref, le fil est contourné de multiples manières. Ces fragments de fils soudés entre eux, constituent la structure de bijoux entiers, par exemple des bracelets, et servent à la fabrication d’éléments de parrures, comme des sphères et des coupoles ajourées ou des pendoloques à claire-voie. Le fil utilisé pour le filigrane est très fréquement torsadé, ce qui ajoute au décor et permet en particulier d’obtenir, en rapporchant deux fils, un effet de tresse.

Souvent, le motif filigrané est soudé sur une plaque ou une boule dont il constitue alors l’ornementation. Cette plaque ou cette boule peuvent recevoir aussi une application d’émaux de verre, et l’on voit ici que les émaux cloisonné dont il a été précédemment question sont une variété particulière de fliligrane; ils sont d’ailleurs aussi parfois appelé émaux filigranés. Le distinction entre filigrane émaillé et émail filigrané peut paraître spécieuse; parceque pratiquement tous les bijoux comportent des parties en filigrane non émaillé et le plus souvent ajouré. On discerne alors la différence avec les régions précédente ou en général le fil n’est utilisé que pour façonner les cloisons qui délimite des émaux.

D’autre part, le filigrane est, étymologiquement, à la fois fil et grain. La technique comporte aussi l’adjonction de miniscules sphères d’argent au motifs de fil. Un véritable décor de granulations fait partie de l’ornementation de certains bijoux.

Le filigrane, au Maroc, à la particularité d’être à la fois traditionnel, et donc ancien et tout à fait moderne, mais dans des localisations géographiques différentes. Actuellement, il prospère dans des ville comme Essaouira et Tiznit. Il y a quelques dizaines d’années, il était la spacialité des Mellahs du bas Dadès et du partour du massif du Siroua de l’est d’Ouarzazate à Taliouine. Les auteurs qui avaient observé cette orfèvrerie quand elle était encore en pleine vie ont considéré qu’elle s’était implantée au sud de l’Atlas avec certaines communautés juives, et n’ont pas cherché à définir précisément quelles pouvaient être les relations avec la ville d’Essaouira. Pourtant  cette cité créee au XVIIème siècle, compta longtemps une colonie juive nombreuse. Devenue un important centre de commerce, elle rayonnait jusque part de l’Atlas, et l’on ne peut exclure que le filigrane la renommée de ces bijoux comtemporains ait des origines relativement anciennes. C’est en tout cas le seul endroit où l’on puisse actuellement dans le sud voir fabriquer des bijoux, avec Tiznit que ne les a adoptés que récemment.

Source : Bijoux du Maroc (Jacques et Marie-Rose RABATE)